21 Mai

Pain perdu caramélisé à la fleur d’oranger

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Le petit déjeuner compte parmi mes repas préférés. Probablement parce que les recettes offrent des possibilités assez infinies, avec des choses aussi délicieuses que les œufs ou les pancakes au programme. D’ailleurs, je mange rarement la même chose deux jours de suite au petit déjeuner, je serais trop triste de passer à côté d’une occasion d’essayer quelque chose de nouveau pour bien commencer la journée.

Il se trouve justement que je suis tombée hier en lisant quelques pages de Chaque jour est un festin, un formidable éphéméride culinaire et gourmand de James et Kay Salter, sur l’article du 28 mars, qui concerne le petit déjeuner. Cette magnifique citation y figure:
 » Le matin au réveil, Winnie, à quoi penses-tu d’abord? demanda Porcinet
– Je pense: Qu’y a-t-il au petit déjeuner? répondit Winnie. Et toi, Porcinet, à quoi penses-tu en premier?
– Je me dis: Que va-t-il m’arriver d’intéressant aujourd’hui? » répondit Porcinet. 
Winnie réfléchit, hochant la tête, et dit enfin:
« C’est exactement la même chose! »
A. A. Milne, Winnie l’ourson
Décidément, Winnie l’ourson et moi avons beaucoup en commun.

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Le pain perdu a toujours fait partie de mon répertoire culinaire. Ma maman le faisait salé, avec une montagne de fromage gratiné dessus, et c’était réconfortant et aussi attrayant qu’un plat de pâtes pour les enfants que nous étions (des glucides, du fromage, que demander de plus?). Comme je déteste jeter, la nourriture encore plus que le reste, j’ai depuis développé ma réserve d’idées pour « recycler » le pain sec. Et je dois dire que même si on n’en fait pas très souvent à la maison, le pain perdu sucré fait partie de mes moyens préférés de le faire.

Cette recette vient d’un livre de Melissa Clark, chroniqueuse culinaire pour le New York Times qui écrit des livres au titre aussi parfait que Cook This Now. Si vous aimez la littérature gourmande anglo-saxonne, Laurie Colwin, MFK Fisher, Ruth Reichl et Molly Wizenberg (et que vous lisez l’anglais), ce livre devrait vous plaire.

La recette n’est pas très technique, pour l’avoir faite déjà un certain nombre de fois, elle est même inratable. Elle est de plus assez pratique quand on n’est pas très réveillé le matin et qu’on n’a pas forcément l’envie ou les capacités de surveiller la cuisson du pain perdu dans une poêle. On fait même du caramel sans y penser, sans crainte qu’il n’attache, crame ou ruine une casserole au passage (parce que personnellement, le caramel fait partie de mes petits défis culinaires, j’ai toujours un peu peur de m’y attaquer…). On verse sur une plaque un mélange de sucre et de beurre qui caramélise sous les tranches de pain pendant la cuisson et forme une petite croûte similaire à celle qu’Amélie Poulain aime bien briser avec la pointe de la petite cuillère sur ses crèmes brûlées, qui cède et se fond dans le cœur moelleux et délicieusement spongieux caractéristique du pain perdu. Si vous êtes bien attentifs, vous constaterez sur les photos que je ne suis pas très scrupuleusement les consignes, et ai par exemple tendance à mélanger assez rapidement le sucre et le beurre (rapidement étant ici un euphémisme pour dire très vite fait). Ça marche quand même! Même chose si vous utilisez des tranches de n’importe quel pain (suffisamment) blanc à la place de la baguette.
Et si pour une raison quelconque et inexpliquée, il devait en rester, ce sera délicieux aussi le lendemain: passez rapidement les tranches au four, côté caramélisé sur le dessus, et voilà!

Je vous engage à inclure ce pain perdu sur le plateau de petit déjeuner de la fête des mères. Mais il n’est pas non plus interdit d’essayer la recette au plus vite, dès demain matin, voire tout de suite (dans le plus pur style de Melissa Clark: cook this now!).

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Pain perdu caramélisé à la fleur d’oranger
assez pour 4 personnes, ou l’équivalent d’une baguette mollassonne

50g cassonade
50g beurre
2 œufs légèrement battus*
350ml lait
2 cs jus d’orange fraîchement pressé
2 cc eau de fleur d’oranger
1 cc extrait de vanille
1/2 cc cannelle
1 pincée de sel
1 baguette ou du pain rassis**
* Petite note pratique: Stéphanie m’a récemment demandé ce qu’elle pouvait faire de ses jaunes d’œufs, par exemple lorsqu’elle a fait cette recette. On peut parfaitement les ajouter ici, par exemple, comme dans beaucoup de préparations qui utilisent des œufs -omelette, appareil de quiche, gâteaux…
(**Vous avez vu comment j’ai esquivé le problème de l’accord féminin de rassis? Si comme moi, la question vous semble tout d’un coup absolument incontournable, que vous vous demandez comment vous avez pu vivre sans savoir si, à la fin, on dit une brioche rassie ou rassise, sachez qu’il y a une vraie polémique. Vous pouvez même aller lire cet article assez complet. #Geek de la grammaire forever.)

Préchauffer le four à 180°C.

Préparer le caramel: faire fondre le beurre, puis le mélanger à la cassonade jusqu’à ce que le sucre soit complètement dissous. Verser le mélanger dans une plaque à bords hauts, ou un plat à four.

Couper la baguette en tranches de 2 à 3 cm d’épaisseur. On peut aussi faire ça à l’avance: si vous voyez votre baguette se rabougrir à vue d’œil mais que vous ne pouvez pas faire cette recette immédiatement, il peut être pratique de la découper avant qu’elle ne soit dure comme du bois.
Mélanger tous les autres ingrédients dans un plat assez grand pour pouvoir y étaler le pain  (au moins un peu, disons sur 2 couches…? Mais honnêtement, c’est juste pour pouvoir laisser le pain absorber la préparation sans nécessiter d’intervention extérieure; si on est à côté, on peut parfaitement faire le mélange dans un saladier et remuer un peu le pain régulièrement pour que tous les morceaux puissent tremper dans la préparation).
Faire passer les tranches dans le mélange une par une et les laisser s’imbiber environ 15 minutes.

Disposer les tranches de pain sur la plaque préparée avec le caramel et enfourner pour 25 à 30 minutes, jusqu’à ce que les tranches soient légèrement dorées sur le dessus et que le sucre ait bien caramélisé.

Servir immédiatement pendant que c’est chaud, en retournant les tranches pour placer la face caramélisée sur le dessus. (Ajouter un thé/café, quelques fruits, des fleurs/un poème/un dessin d’arc-en-ciel pour un plateau de petit déjeuner complet.)

 

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